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DETTE FISCALE DE LA PRESSE Les journalistes du Cdeps mettent de l’eau dans leur encre

Le Cdeps a, dans une lettre ouverte adressée au président de la République, élaboré un plan d’action pour des solutions de sortie de crise du secteur de la presse. Le patronat dirigé par Mamadou Ibra Kane n’a pas également manqué de revenir sur les difficultés que traverse le monde médiatique.

MOUSSA FALL

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps) a adressé une lettre ouverte au président de la République pour exposer les maux de la presse. Dans la note, l’équipe de Mamadou Ibra Kane n’a pas manqué de proposer des solutions afin de sortir la presse de cette crise qu’elle traverse depuis une décennie. A cet effet, le patronat a dressé un plan d’action pour la presse, basé sur des orientations stratégiques de l’information et de la communication. Le Cdeps souhaite à ce propos une élaboration d’une stratégie nationale de l’Information et de la Communication (SNIC) ainsi qu’une réforme de la formation des journalistes et des techniciens des médias.

En ce qui concerne la liberté de la presse, la lettre ouverte recommande la refonte des textes (Code de la presse, Code pénal, Code de procédure pénale). La note milite également pour une loi d’accès à l’information, la fiscalité des entreprises de presse, un centre de gestion agréé des médias ainsi qu’une loi sur la publicité.

Toujours dans cette ouverte adressée à Bassirou Diomaye Faye, le Cdeps a invité à une réglementation du marché publicitaire de l’État, un Fonds d’investissements pour la presse, un Fonds de garantie pour les entreprises de presse, un Fonds pour la digitalisation des médias, une mise à niveau des entreprises de presse avec le Bureau de mise à niveau, un cahier de charges pour les entreprises de presse ainsi qu’une révision de la délivrance des licences aux entreprises de presse audiovisuelles étrangères.

Le Cdeps a également rappelé au Chef de l’Etat que le secteur de la presse joue un rôle considérable dans la vie de la nation sénégalaise. Parallèlement, poursuit-il, la presse a une mission de service public. « À ce titre, c’est la presse qui informe le citoyen, vulgarise les politiques publiques, impulse la conscience citoyenne, favorise la transparence dans la gestion publique, garantit la pluralité politique, participe à la lutte contre les pandémies, diffuse les connaissances techniques et scientifiques, raffermit le sentiment national… »

Par conséquence, alerte-t-on, la déchéance de la presse sénégalaise pourrait créer l’instabilité politique et sociale que connaissent nos voisins, dans une situation larvée de guerre civile permanente. Et le Cdeps d’interpeller le Président en ces termes qui frisent la compassion : « Excellence, M. le Président de la République, la politique de souveraineté, que vous prônez, comme condition première la consolidation ou la réémergence d’une presse républicaine, libre et indépendante, viable économiquement. C’est un enjeu de souveraineté nationale et internationale. Dans le cadre de votre volonté de changement systémique, notre presse peut façonner l’homo-senegalensis et vendre le rêve sénégalais. Nous attendons de vous cette volonté politique pour permettre de créer les conditions de cette presse libre et indépendante ».

Le Cdeps rappelle que la presse est stratégique et névralgique pour le Sénégal, au même titre que tous les autres secteurs dans lesquels notre pays ne peut exercer une politique de souveraineté. Le patronat de la presse souligne d’ailleurs que tous ces secteurs stratégiques et névralgiques bénéficient d’une politique spécifique de la part de l’État, en matière de fiscalité, de financement et autres.

Selon Mamadou Ibra Kane et son équipe, des entreprises de presse, jadis florissantes, sont aujourd’hui en situation de quasi-faillite au point qu’elles n’arrivent plus à honorer leurs engagements auprès de leurs travailleurs, des institutions sociales et médicales, des fournisseurs nationaux et étrangers. Cette crise économique et sociale, qui perdure, avertit-on, risque d’hypothéquer l’impératif d’une presse républicaine, libre et indépendante, viable économiquement. « Cette précarité économique et sociale du secteur des médias est une menace pour la démocratie, la liberté de la presse, toute politique de souveraineté, le développement économique et social, la stabilité politique, la voix du Sénégal en Afrique et dans le monde ».

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