Actualité Editorial

Éditorial Abdou Mbow ou le complexe de Napoléon

Décidément, le fétichisme des 100 jours de gouvernance mène à toutes les exactions discursives. Tout d’un coup, on assiste à une palanquée d’articles sur les 100 premiers jours de la gouvernance Diomaye. Des politiciens aphasiques depuis le cauchemar du 24 mars dernier, qui s’étaient retirés sur l’Aventin, retrouvent ex abrupto l’usage de la parole et déblatèrent contre les 100 premiers jours du Président Diomaye au pouvoir. Abdou Mbow, le lymphatique président de l’encore-groupe parlementaire du Bennoo Bokk Yaakaar résiduel, après avoir caricaturé les 100 jours de la gouvernance Diomaye-Sonko en cent failles, a pondu laborieusement une question écrite adressée au PM Ousmane Sonko.

Dans ce texte nullissime aux allures d’une philippique, Abdou Mbow, tel un chihuahua, aboie caustiquement contre le chef du Gouvernement dont le seul tort est d’avoir demandé aux députés de conformer le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN) à la Constitution. Dans cet écrit truffé d’incorrections grammaticales et de fautes de syntaxe, l’encore-président du Groupe parlementaire de Bennoo, enchevêtré dans ses élucubrations, interpelle maladroitement le PM Ousmane Sonko sur le drame de l’émigration irrégulière. Le prétexte de son texte qui s’inscrit dans le contexte d’une crise politique existentielle de l’APR, c’est la disparition de 130 jeunes candidats à l’émigration clandestine dans les eaux de Saint-Louis.

Ce galimatias d’Abdou Mbow qui souffre du complexe de Napoléon n’est qu’un petit aboiement aux talons du PM Sonko dont la fulgurance du succès politique l’a toujours exaspéré, lui et également son cornac Macky Sall. À défaut de pondre correctement une question écrite comme Guy Marius Sagna a l’habitude de le faire aisément, le chihuahua de Bennoo doit s’imposer une muselière.

À lire son bourre-mou, on serait tenté de dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Combien de jeunes désespérés ont bravé mortellement les vagues houleuses et dangereuses de l’océan pour aller à la recherche d’un ailleurs meilleur sous les régimes des Présidents Abdoulaye Wade et Macky Sall ? Combien de sommes d’argent ont été versées par l’Union européenne (UE) et quelques autres organismes à l’Etat du Sénégal pour combattre ce phénomène migratoire qui s’apparente à un suicide de masse ? Une chose est sure : plutôt que de résoudre ce problème dramatique, la majeure partie de cet argent est allé gonfler les comptes bancaires d’un cartel de politiciens-affairistes qui ont fait de l’émigration clandestine un fonds de commerce abject. Boubacar Sèye de Horizon sans Frontières, qui avait déploré la mort tragique de plus de 150 personnes en mer et dénoncé le détournement de 118 milliards de FCFA de l’UE consentis pour lutter contre l’émigration clandestine, avait été alpagué à l’Aéroport internationale Blaise Diagne, le 26 janvier 2021. La seule réponse du mentor d’Abdou Mbow face à la problématique de l’émigration irrégulière a toujours été l’intimidation et la répression mais jamais des solutions structurelles.

Sous les régimes libéraux auxquels Abdou Mbow a appartenu, jamais des solution durables et efficaces n’ont été trouvées pour convaincre les jeunes de renoncer à ces voyages suicidaires. Jamais Ousmane Sonko n’a promis une allocation mensuelle de 150 000 francs aux jeunes désœuvrés pour les empêcher de prendre le chemin cauchemardesque de Barça qui se termine souvent par un voyage sans retour à Barsakh. Au contraire, c’est son champion déchu et déçu Amadou Ba qui avait promis mensongèrement un million d’emplois aux jeunes en cas de victoire à la présidentielle de mars 2024. Pourtant, c’est un ponte du pouvoir qui a transbahuté entre différents ministères de souveraineté comme les Finances, les Affaires étrangères et la Primature qui serinait ces discours des illusions et impostures à des jeunes écrabouillés par un quart de siècle de gouvernance wado-salliste calamiteuse.

Le lundi 24 juillet 2023, quand plus de 20 passagers d’une pirogue avaient perdu la vie après le naufrage de celle-là au large de Dakar, la seule réponse du Premier ministre Amadou Ba était de renforcer les contrôles et la surveillance sur le littoral, d’accroitre le matériel des Forces de défense et de sécurité, de prendre des mesures répressives contre les convoyeurs et de s’attaquer fermement à l’exploitation des migrants par des réseaux criminels. Et c’est quatre jours après ce énième drame que l’alors PM a lancé en vain la Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière. Stratégie qui n’a été qu’un feu de paille puisque n’ayant jamais été opérationnelle.

Aujourd’hui, Abdou Mbow et ses godillots envisagent, au nom de leur majorité illusoire, de tripatouiller le RIAN aux fins de supprimer toute possibilité présidentielle de dissoudre l’Assemblée. Ce qui, symétriquement, leur assurerait la prolongation de leur séjour jouissif au Parlement. Mais c’est peine perdue ; les jours de cette Assemblée croupion sont comptés et tout député qui rêve de salaire et de prébendes jusqu’à 2027 peut déchanter puisque, juridiquement et institutionnellement, comme l’a démontré le professeur Moussa Diaw, le Président BDF dispose de toutes les armes constitutionnelles pour mettre fin à cette pagaille des ectoplasmes de Bennoo et assimilés au Parlement.

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